Table des matières
- Point de départ : méditation avec objet
- L'espace entre deux pensées
- Le changement de perspective
- Vers une méditation naturelle ou sans objet
- Méditer à chaque instant, résider dans le Soi
Comme tout chercheur.se, il arrive le moment de la pratique.
Il existe une multitude de pratiques, nous vivons à l’ère où le voyage vers la connaissance de Soi est entre nos mains, et cela est merveilleux.
Lorsque l’on aborde le sujet de la méditation pour la première fois, on est généralement dirigé·e vers des pratiques « dualistes ». Dualistes, car elles reposent sur l’usage d’un objet de méditation.
On appelle un objet de méditation tout ce qui est extérieur au Soi. Nous utilisons donc un outils au départ, dont nous pourrons nous détacher à mesure que le silence intérieur apparaîtra et grandira.
Par exemple, nous pouvons débuter par une méditation centrée sur la respiration. Comme nous pourrions utiliser ce que l’on appelle un « mantra », qui consiste à répéter un ou plusieurs mots spécialement sélectionnés pour leur qualité vibratoire.
Dans certaines religions, une prière est répétée sans cesse. Dans d’autres, on portera la concentration sur la visualisation d’une déité, d’un chakra ou d’un symbole comme support de méditation.
Point de départ : méditation avec objet
Toutes ces pratiques avec objet de méditation sont, pour la plupart d’entre nous, indispensables au début. N’étant pas habitué·e·s à tourner notre attention vers l’intérieur, il peut nous sembler impossible de rester assis·e·s avec nous-mêmes plus de dix minutes.
Le mental étant toujours porté vers les événements futurs ou passés, le flot de pensées, une fois assis·e·s, semblera se déchaîner. En réalité, il n’en est rien. Le flot continue de couler comme à son habitude, mais lorsque nous nous asseyons avec nous-mêmes, nous prenons conscience de cet écoulement, car toute notre attention y est à présent focalisée.
Alors, pour nous aider, nous débutons avec un « objet » de méditation, autrement dit un support pour l’attention.
On peut se concentrer sur une bougie, notre respiration, ou réciter un mantra.
Chaque fois que le mental quittera l’objet de méditation, il sera ramené vers l’objet choisi.
Grâce à cet effort continu, le flot de pensées s’apaise naturellement, laissant place au silence intérieur.
L’espace entre deux pensées
Avec une pratique régulière, le rapport aux pensées commence à changer. Et cela se diffuse progressivement dans le quotidien.
L’habitude faisant, il est de moins en moins difficile de s’asseoir avec soi-même. On peut même y prendre goût !
Le système nerveux s’apaise. L’énergie qui circule dans le corps s’affine, et les perceptions intérieures deviennent plus claires.
Nous apprenons à ressentir les besoins du corps et à l’écouter avec plus de profondeur, de respect et d’Amour.
En bref, nous devenons conscient·e·s des émotions, des sensations, des pensées, des croyances, des opinions et de tout cet univers intérieur qui existe au-delà du monde extérieur, avec une plus grande lucidité.
Avec le temps, l’espace entre deux pensées, aussi appelé silence intérieur s’étend sur de plus durée. Nous apprenons à apprivoiser cet espace de calme, d’harmonie et de paix intérieur stable et illimité qui n’est autre que notre vrai nature.
Le changement de perspective
À un certain moment, un basculement de la Conscience vers elle même se produit, créant une rupture entre « ce » qui médite (le sujet) et le mental, ainsi que toutes ses facettes qui le composent : pensées, croyances, opinions, émotions… (les objets).
C’est l’apparition, ou plutôt la compréhension, que « Je » est différent des pensées, des émotions, des sensations et des croyances qui apparaissent alors clairement extérieures à « moi ».
Aussi appelée « témoin » ou Soi.
Le « témoin » n’a jamais cessé d’être là, mais nous ne pouvions le dé-couvrir jusque-là, car l’attention était en continu happée par les phénomènes extérieurs.
Ce basculement est important, car il porte en lui le germe de la discrimination. C’est parce que nous sommes des êtres conscients que nous pouvons discerner ce qui est réel de ce qui ne l’est pas.
Lorsque ce changement de perspective s’installe, le « témoin » ou « observateur » de tout ce qui apparaît et se manifeste comme étant extérieur à nous redevient le point de référence depuis lequel tout est vu.
Naturellement, la pratique de la méditation peut évoluer d’une pratique duelle vers une pratique non duelle.
Il est possible de remarquer que lorsque nous méditons avec un objet, durant la séance nous naviguons déjà de l’objet vers le sans objet. Plus nous allons en profondeur, plus l’objet de méditation devient flou, laissant place à la pure présence.
D’ailleurs, il est important de noter que la méditation avec objet n’est pas « moins efficace » ou « moins bonne » que celle sans objet. Quelque soit, l’approche, tant que nous voguons vers toujours plus de silence intérieur, nous serons sur la bonne voie.
Vers une méditation naturelle ou sans objet
« Si vous cessez de vous identifier au corps et méditez sur le Soi, que vous êtes déjà, vous pouvez parvenir à la réalisation du Soi. »
Ramana Maharshi
Living by the words of Bhagavan
Avec le changement de perspective et l’apparition de la sensation du « Je Suis », nous avons le choix. Nous pouvons poursuivre nos pratiques habituelles, car elles nous seront toujours bénéfiques pour dissoudre les attachements, les désirs et affiner l’énergie du corps ainsi que du système nerveux.
Il y a plusieurs écoles, et chacun·e a son chemin.
Soit nous abandonnons totalement les pratiques avec objet pour voguer vers une pratique sans objet, où le sujet repose dans l’état de pure présence, du Je Suis. Ce qui est une « non-pratique », puisque rien n’est fait, nous résidons dans ce que nous sommes déjà, notre vraie nature.
Il est aussi possible de poursuivre les pratiques de conductivité de l’énergie, afin de raffiner les énergies intérieures et le système nerveux, tout en résidant depuis « le Soi » après et en dehors.
Quelque que soit la voie choisie, nous pouvons être sur que reposer dans l’état de « Je Suis » nous conduira au bon endroit en temps voulu.
Méditer à chaque instant, résider dans le Soi
« Reconnaître votre nature bienheureuse et consciente d’elle-même est une question de reconnaissance intérieure, d’abandon et d’ouverture du cœur à la béatitude. C’est l’éveil au « Je Suis ». Ensuite, il vous faut le reconnaître consciemment, soit durant la pratique assise, soit dans votre vie quotidienne, et vous en imprégner. »
Av Neryah
Liberation
Nous nous sommes essentiellement concentré·e·s sur l’évolution de la pratique assise depuis le début de cet article, mais en dehors de ces temps de retrouvailles, il y a de nombreuses heures à notre disposition pour méditer et vivre depuis notre état naturel.
Avec le basculement, résider dans l’état de pure présence, du Soi, dans nos activités du quotidien devient de plus en plus naturel. Cela nécessitera peut-être un effort de notre part jusqu’à ce que l’identification au Soi devienne une habitude.
De la même façon que, durant notre temps de méditation assis, nous revenions sans cesse à notre objet de méditation, nous pouvons revenir sans cesse à la connaissance de Soi et vivre depuis « Cela ».
Depuis cela, nous pouvons poursuivre nos activités avec une plus grande facilité. Car tout ce qui arrive est vécu avec plus de détachement, d’harmonie et de légèreté.
La vie sera toujours ce qu’elle est avec ses hauts et ses bas. Nous ne devenons pas insensibles, ou sans émotions. Tout continue d’être vécu. La grande différence, réside dans ce changement de perspective.
Ainsi, la vie se manifeste, et nous l’accompagnons avec toujours plus d’Amour, et de simplicité, c’est la méditation au quotidien, naturelle dans « Cela ».
— Amitiés